Avr 18, 2018

Portrait de photographe – Toma Ickovits

Toma est un photographe né à Bucarest et habitant Montréal depuis plus de 30 ans. Après des études en communications, éthique, droit et sciences politiques, il suit une formation en journalisme qui l’amène à travailler comme photojournaliste depuis maintenant plus de 5 ans avec au coeur de sa démarche l’envie d’être le témoin de l’Histoire, développer et trouver son propre angle afin de l’immortaliser puis de le partager.

Pour en savoir plus : tomaphotographe.com

Crédit photo : Mikael Theimer

Photo :  Mikaël Theimer
Sujet : Toma Ickovits, photographe

Argentique, numérique, Instagram : ça vous inspire quoi?
Ce sont des supports, des cadres ou des outils. Tout dépend de ce qu’on y met.

Un accessoire photo indispensable ?
Une veste newswear, pour avoir l’équipement à portée de main.

Votre meilleur conseil technique?
Ne laisse jamais les questionnements arrêter ton élan. Clique quand ça se passe, sans hésiter. Les questions, on les pose après.

Avez-vous des rituels ou des astuces photographiques personnelles?
Pas vraiment de rituels si ce n’est de vérifier les batteries et de formater les cartes.
Astuce; toujours paramétrer son appareil dès qu’on change d’environnement.

Provoquer ou saisir le moment?
Saisir, sinon j’ai l’impression de tricher.

Une photo inattendue?
À part pour la nature morte, dès qu’on place de la vie dans un cadre, l’inattendu me semble inévitable.

Votre lumière favorite pour la photographie?
Les journées nuageuses.

Êtes-vous studio ou extérieur, musique ou silence?
Extérieur, ni musique, ni silence…. l’ambiance et le dialogue.

Vous aimez ou aimeriez mélanger la photographie avec quel autre art?
Le journalisme, si on peut considérer ça comme de l’art.

Retouches Photoshop : pour ou contre?
Ni pour ni contre, chaque domaine a ses règles. Contre en journalisme, mais pour en art.

Trois mots qui évoquent Montréal?
Culture, respect, rebelle.

Votre saison favorite à Montréal?
Le printemps

La ville, vous la préférez de jour ou de nuit?
De jour.

Quel coin de Montréal aimeriez-vous (re)découvrir?
Côte-des-Neiges.

Un secret montréalais que vous aimeriez partager?
André Querry, un photographe qui se prétend amateur, mais qui documente la vie sociale montréalaise comme un pro depuis plus de 30 ans.

Balade à pied, à vélo ou en auto?
J’ai un faible pour le vélo, mais parfois l’auto et les pieds sont encore nécessaires.

Une lecture pour le transport en commun?
Titre de transport d’Alice Michaud-Lapointe, une série de petites histoires qui se passent justement dans le métro de Montréal.

Un personnage montréalais que vous aimeriez photographier?
Dur de n’en choisir qu’un seul. J’aime immortaliser ceux qui marquent l’histoire, peu importe le sens de leur rôle. Je photographierais bien Gilles Vigneault, Julien Poulin autant que Jean Chrétien, Tony Accurso ou même l’auteur de l’attentat de 2017 à Québec… Pour les besoins de l’exercice, disons simplement l’acteur Julien Poulin.

Montréal, une ville où il fait bon vivre?
7-8 mois par année, ça me semble une évidence… Dès que l’hiver arrive je me mets à douter.

Une image/un souvenir de Montréal qui vous reste en tête?
La fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1998 au parc Maisonneuve, la foule éméchée après la fin du spectacle qui continue à chanter en cœur à la station de métro Pie IX jusque dans les wagons. J’avais 17 ans.

Le photographe, artiste ou artisan?
On peut être les deux, pour ma part, je suis artisan avant d’être artiste.

Que pensez-vous de la proposition : l’art est un acte social?
Tout a fait d’accord. Tout acte public est un acte social.

L’acte photographique, toujours pertinent de nos jours?
Plus que jamais.

Un photographe qui vous inspire?
Joël Lemay.

Une expo photo inoubliable?
Chaque World Press Photo.

Un travail de photographe qui traverse le temps?
Robert Polidori, pas seulement qu’il traverse le temps, mais il porte, à mon humble avis, un œil visionnaire sur la trace que l’homme laisse derrière lui partout où il passe. À découvrir!

Avec quel artiste montréalais aimeriez-vous collaborer?
Édith Tremblay / Portraits de Montréal

La Maison Photo Montréal vous donne carte blanche; vous faites quoi?
Expo collective sur la vie sociale et politique à Montréal.

Une exposition photo que vous aimeriez voir proposée par MPM?
Une rétrospective ANNUELLE de photojournalisme local (un peu comme le World Press Photo, mais restreint à la région montréalaise).

Votre prochain projet photo?
Je ne dévoile jamais avant d’avoir tout en boîte! 😉

Quelle est votre expérience du milieu photographique/artistique montréalais?
Je suis photographe à la pige à Montréal depuis 2011, principalement en photojournalisme.

Avez-vous eu des mentors qui vous ont encouragé à persévérer dans le milieu ou avez-vous des photographes dont le parcours vous inspire? Qui sont-ils?
Des mentors, je ne sais pas si le mot est juste.
La photographie est pour moi, un acte très solitaire et instinctif. Il faut savoir compter sur soi, sortir des sentiers battus et surtout retenir les leçons de ses propres erreurs.
Cela dit, les modèles professionnels qui obtiennent mon admiration ne manquent pas; Jacques Nadeau (bien sûr), Joël Lemay, Pedro Ruiz, Chantal Poirier, pour ne nommer qu’eux.

Sur quel projet(s) travaillez-vous en ce moment?
Je suis, bien souvent, dépendant du fil d’actualité québécois/montréalais. Je surveille l’enclenchement des élections provinciales prévues pour l’automne 2018 et aussi l’émergence des groupes d’extrême-droite et la réalité des immigrants. Ça semble à priori des sujets complexes, lourds et peu artistiques, mais c’est dans ces sujets que je réalise les œuvres qui me semblent les plus significatives.

De quelle façon votre travail reflète vos origines?
Sincèrement, je l’ignore. En premier je devrais me poser la question, est-ce que mon travail reflète mes origines? Puisque j’ai grandi ici (depuis l’âge de 6 ans), je ne sais pas dans quelle mesure c’est le cas.
Mon vécu mes origines apportent probablement une sensibilité différente à mon regard et aux sujets au quels je m’intéresse.

Un conseil à donner pour les photographes de la relève issus de la diversité culturelle?
Le regard étranger est précieux en photographie.
Quand on se retrouve en terrain inconnu, il faut exploiter ce regard au maximum, avant que le dépaysement ne s’estompe et que l’œil ne retombe dans le familier.

C’est le cas en voyage, mais c’est aussi en photo. Chaque sujet ou projet de photo est comme un petit voyage, un dépaysement à explorer jusqu’à le rendre familier.

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